On n’a pas toujours la chance d’avoir ce qu’on veut.
On n’a pas toujours la chance d’avoir ce qu’on mérite non plus.
C’est quand des tragédies surviennent, comme celles que nous avons vécues, qu’on réalise que créer la vie n’est pas si simple.
On n’a pas tous eu la chance de SE faire prendre dans ses bras.
Il faut que les deux parents soient fertiles, que l’embryon s’accroche, qu’aucune anomalie critique ne se manifeste, que l’accouchement se passe bien, qu’il ait tous ses organes vitaux en santé, qu’on veille sur lui du mieux qu’on peut dans un monde ou parfois tout semble contre nous.
On n’a pas tous eu la chance de les prendre dans nos bras.
C’est dans ces moments qu’on a le plus besoin d’écoute et de soutien.
Et Dieu sait qu’on en a tous manqué.
Mais ces enfants là ne sont jamais partis très loin.
C’est à leur tour maintenant de veiller sur nous, perchés sur leur étoile
Dans une constellation composée de mon fils et de vos enfants.
Parfois je m’imagine qu’ils jouent ensemble au parachute ou au ballon poire.
Qu’il y a sûrement une marelle en haut sur laquelle ils sautent.
En tout cas je leur souhaite
Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans les Perséïdes.
On ne se doute pas qu’il y a des gens qui dédient leur vie à aider les parents qui vivent des drames
Qui ont le courage de s’asseoir avec nous, des inconnus, et de nous demander sincèrement : “Comment ça va?”
Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans rencontrer d’autres Pères, brisés, sans mot, comme moi
On ne se doute pas qu’on n’est pas seul,
Que peu importe notre bagage, tout le monde est frappé de plein fouet.
Rencontrer cette communauté de pères m’a fait le plus grand bien.
En terminant j’aimerais citer un certain Docteur du CHUL.
Il disait que le deuil est comme une baleine, que ça se mange une bouchée à la fois.
Personnellement j’aimerais apporter une correction, parce que je pense que la baleine est trop grosse pour être mangée au complet.
Il faut apprendre à s’habituer à sa présence,
À vivre avec le fait qu’il faudra maintenant partager notre siège avec une grosse baleine.
Parce que ces enfants ne sont pas partis.
Parce que dans nos coeurs, ils seront toujours là.